Atelier 9 - Sophie

Bonjour les filles, comme promis, voici ma contribution à l'atelier 9. J'attends vos commentaires avec impatience.
 

Il me demanda alors si j'avais une photo, que naturellement je n'avais pas. Il sembla étonné et me demanda pourquoi. Je lui répondis tout simplement que je détestais les photos, surtout d'elle, car elles nuisaient au souvenir en lui enlevant tous ces petits détails dynamiques et vivants qui la caractérisaient si bien.

 

Il y eu un blanc : je compris qu'il ne comprenais pas. Alors, j'ai fermé les yeux et j'ai pensé à elle, rien qu'à elle puis je dis qu'elle avait des cheveux safran, mais uniquement pour ceux qui avaient le droit de passer leur main dedans, et de découvrir sous une blondeur de surface, les magnifiques fils de cuivres qui descendaient le long de son cou et de ses épaules.

 

Elle avait un adorable nez de cochon, qui ne se montrait qu'à ceux qui savaient la faire rire. Elle avait des tâches de rousseur qui apparaissent sur le haut de ses joues de mai à septembre, chaque année, et qui lui avaient values le surnom de la calculatrice. Elle en jouait lors des courses au supermarché, tapotant vigoureusement de ses doigts sur sa figure afin de justifier tel ou tel article qu'elle ajoutait dans le caddie.

 

Le dimanche elle était encore plus souriante, car elle pouvait porter une de ses robes qu'elles aimait tant, car les garçons de l'école ne pourraient pas alors l'embêter en la lui soulevant. Sa préférée était celle que je lui avait ramenée d'Inde, mauve en coton peigné qui lui donnait presque des formes de femme déjà. Elle aimait la faire tournoyer devant nos yeux éblouis puis clore son spectacle en mimant Marilyn Monroe.

 

Elle avait des petits pieds, qui peinaient à avancer dans mes grandes pantoufles. Elle avait des petites mains qui portaient un vernis framboise, toujours un peu effrité. Elle ne sortait jamais sans son sac à main fétiche, en patchwork et boutons perdus ramené de ses expéditions au lavorama voisin.

 

Elle était tout cela et bien plus encore, et je craignais qu'une simple photo en omettant tous ces petits détails, finisse par les faire taire de mon esprit à jamais. Il compris et me remercia, puis se leva doucement avant de partir.

Vos commentaires

1 Le Mercredi 31 Octobre 2007 à 06:56 GMT+2, par Claire

C'est drôle, Sophie, j'ai envie de dire que ce texte est à l'opposé de toutes mes attentes par rapport à cet atelier. Pour moi, j'étais partie qu'il s'agissait plus de la description d'un lieu que d'une personne. J'ai été donc surprise par ce « portrait ».

Ensuite, je trouve que ton texte fonctionne très bien au niveau de la narration (davantage même que la description). Le début est très intrigant, tout comme la fin. La situation est très bien introduite et rapidement. Vraiment, on a envie d'en savoir plus, de connaître l'histoire, de lire la suite !

Quant à la description, encore une fois, elle est assez inhabituelle, tout en mouvements et liée au temps. La manière dont tu décris ton personnage est en interaction avec les autres, avec le changement de saisons, de jours?Cela fait bien ressortir le souvenir émotionnel du narrateur.

En tant que lecteur, l'âge de la personne décrite n'est pas très clair pour moi. Il semblerait qu'elle soit en début d'adolescence (vu les formes de femme apparaissantes). En même temps, elle est dans l'univers de l'enfance (allusion aux garçons et leur jeu pour voir sous la jupe des filles). Parfois elle fait très femme, presque mère : elle fait les courses, elle a les cheveux blonds en surface (naturels ou teints, on se demande), elle porte du vernis, elle a un sac à main. Le narrateur (il/elle ? que veut dire les grands pantoufles ?) lui offre une robe d'Inde avec laquelle elle joue à la Marilyn. De même que signifient « nos » yeux éblouis ? S'agit-il d'un public familial, d'une bande d'amis, d'une communauté ? Bref, on a besoin d?en savoir plus ! Trop de pistes s'ouvrent au lecteur, c'est intrigant, mais il faudrait préciser davantage les détails des relations entre personnages, le contexte, le personnage décrit, le personnage faisant la description...A suivre ?

2 Le Mercredi 31 Octobre 2007 à 14:16 GMT+2, par Sophie

Oui je me rends compte que j'ai fait un gros hors sujet! Je pensais qu'il fallait décrire quelque chose, un lieu ou peut-être aussi une personne, comme si on en parlait à un autre qui ne pouvait la/le voir.
Je voulais insérer aussi une dynamique, plutôt que décrire quelque chose de figé, j'ai voulu y mettre du mouvement, donc j'ai choisi une personne à décrire au fil du temps.
J'ai brouillé les pistes exprès afin de laisser au lecteur la place pour l'imagination et apparemment ça marche :)
Bon je vais reesayer de faire un écrit sur un lieu cette fois, en me tenant à la description. Ça pourrait me prendre une petite semaine toutefois. Merci pour votre patience!
Sophie

3 Le Mardi 11 Decembre 2007 à 22:19 GMT+2, par brigitte

Sophie,
Je réagis sur ce premier texte même s'il y en a un 2nd.
Je le redis une fois de plus si tu as eu envie d'écrire ce texte peu importe qu'il réponde ou non à la consigne.
Je trouve que voilà un portrait original et bien enlevé. On ne lit pas souvent dans un portrait que des taches de rousseur font penser à une calculatrice! Ou encore le nez de cochon qui pourrait faire vulgaire ou méprisant mais qui ici est amené de manière à paraître plutôt affectueux.
J'y ai vu un portrait qu'une mère fait de sa fille qu'elle chérit mais qui est loin ou disparue??
Mais qu'importe qu'on ne sache pas qui est cette photo. Cette description pourrait faire le début d'une nouvelle qui se continuerait au-delà de ce que tu as écrit, mettant en scène par exemple jstement une disparition. Encore une fois qu'importe qui est-ce. C'est la description qui compte. Cette description marche si une personne ne connaissant pas cette jeune fille en a une idée assez précise en fin de texte. Insidieusement tu glisses des morceaux de récits qui donnent effectivement envie d'en savoir plus. Mais ce portrait se suffit aussi à lui-même avec ta conclusion qui ferme la porte à plus de curiosité.
Ta description fait montre d'une sensibilité particulière qui sort du commun et est donc plus attractif. Il y a toujours qq petites maladresses de formes mais ce sot des points que l'on peut discuter lors d'une réécriture définitive du texte et qu sont mineures.

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Vous pouvez faire référence à votre publication en utilisant ce rétrolien

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 2 + 6 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens