Consigne de l'atelier 10

J'ai déjà une nouvelle idée pour l'atelier 10. Alors, je vous la propose, vous pourrez ainsi la mûrir et vous en inspirer...

L'idée m'est venue en parlant avec Brigitte la dernière fois. Elle me faisait remarquer le décalage entre nos textes (ceux de Sophie et les miens) et les siens, dans le sens où nous sommes d'une autre génération, d'un autre air du temps...En gros, notre conditionnement est tout autre et c'est normal. D'autres preuves encore que nous avons pu toutes remarqués ? Par exemple parfois les textes de Sophie, notre Londonienne, peuvent contenir des anglicismes, les miens peuvent être marqués d'une vision assez théâtrale, etc.

 La démarche justement que je souhaiterai vous proposer ici est assez proche du travail de l'acteur, vous allez comprendre pourquoi. C'est un travail sur la voix narrative. Je m'explique, il s'agit de trouver une voix narrative autre que la sienne -celle qui constitue notre moi de tous les jours -. Ce qui est important, c'est de trouver sa sincérité et de rester fidèle à cette voix. Autrement dit, replonger en soi, faire ce travail d'identification que nous expérimentons souvent d'ailleurs dans la position de lecteur, et écrire dans la peau d'un autre, un enfant, un homme, etc.

Je vous propose ici de muscler votre imaginaire. Ce qui me paraît important dans cet exercice, c'est de réussir à ne pas mettre le fil, à être au plus près de ce personnage, de ne pas le mettre, de sentir physiquement comment il bouge, comment il pense, etc...Et surtout de trouver cela en toute sincérité, non pas en plaquant des idées toutes faites.

L'idée m'est aussi venue d'un écrivain pour enfants/ado que j'aime beaucoup : Brigitte Smadja. Je vous mets ici ce qu'elle dit sur sa manière d'écrire. Ses propos me semblent éclairants pour ce que je vous propose ici de faire.

« Je dirai plutôt que j'écris à la place de l'enfant que j'invente. S'il a 8 ans, j'essaie tout simplement d'avoir 8 ans. Ce n'est pas toujours facile de prendre cet ascenseur, mais c'est passionnant. Il faut aller chercher en soi l'émotion de celle que j'étais par exemple à cet âge. Parfois, j'imagine que je suis un garçon de 16 ans et j'écris pour lui, c'est-à-dire à sa place.
[...]
Ce que j'ai découvert, c'est que dans mon enfance, j'avais parcouru une gamme incroyable d'émotions, j'avais déjà été amoureuse, jalouse, malheureuse, terrifiée, j'avais déjà affronté la mort, j'aimais mes amis, j'aimais beaucoup jouer aussi. Où est la différence entre autrefois et maintenant ? Je ne parle plus aujourd'hui comme je parlais à 8 ans. C'est toute la différence.

Alors j'essaie de retrouver comment on pense quand on s'appelle Achille et qu'on a 8 ans, comment on pense et on parle quand on s'appelle Marie et qu'on a 17 ans et qu'on retrouve un garçon dont on a été éperdument amoureuse, enfant. C'est simple, en fait. Je crois juste que mon enfance et mon adolescence n'ont pas disparu. Elles sont là, juste parfois un peu planquées...sous des couvertures. Evidemment, pour le retrouver, il faut mettre le réveil. »

A vous de choisir maintenant la forme que vous voulez prendre pour cet exercice!

Vos commentaires

1 Le Dimanche 30 Septembre 2007 à 15:41 GMT+2, par brigitte

Claire, Je trouve ta consigne très intéressante, en tout cas elle vaut le coup qu'on l'essaie. Excuse-moi c'est aujourd'hui que je la découvre (je n'avais toujours lu que le début de ton article et donc attendais toujours ton idée de consigne!). J'ai proposé aujourd'hui par mail un consigne 9, elle devient donc si vous en êtes d'accord la consigne 10 et nous nous concentrons sur la tienne pour le moment.
Brigitte

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