Atelier 6 - Claire

Petits textes courts pour petite inspiration...

Le coca à la maison, c’est interdit. Les sodas, c’est pour les jours de fêtes. Heureusement, chez Mamie, il y a toujours du coca et de l’Orangina dans le tiroir du bas du frigo. Et des snikers aussi…

Beethoven à fond la caisse ou Bruce Springsteen, la route noueuse qui s’entrelace, qui monte et qui descend. Ah, la voiture à cinq, le mal de cœur, le manque d’air et le temps lent, long…Enfin, la phrase que les passagers de derrière voudraient éviter mais qu’ils ne peuvent s’empêcher de dire : « On arrive bientôt ? »

Le lieu, c’est un de ces restos routiers, connu des seuls initiés, qui ont pris la sortie d’autoroute juste pour le plaisir de manger ici. Lui, il a pris le chemin de traverse un peu par hasard, suivant au petit bonheur sa chance. Il ne s’est pas trompé. Les yeux de son fils pétillent comme le coca qu’il sirote avec plaisir, avant de se régaler de cet appétissant steak-frites qui se dresse fumant devant lui…Miam !

Oh, la, la, un peu plus et elle buvait l’abeille avec son jus d’orange !

En face, l’étagère et tous les livres d’adulte…Interdits comme il se doit et que les enfants liront en cachette…Comme cette pipe laissée là qu’ils goûteront des lèvres, sans bien en comprendre l’attrait qu’elle suscite chez les grands…

Vos commentaires

1 Le Dimanche 29 Avril 2007 à 20:54 GMT+2, par brigitte

Claire,
Tu devais avoir très soif lorsque tu as écrit ces petits textes!
Il y a quelques remarques subjectives qui se sont glissées dedans comme :
le temps lent, long. Ce temps long doit être ressenti mais non exprimé explicitement.
Les passagers voudraient évités : là encore le faire ressentir mais ne pas le dire avec cette phrase nous sommes dans la tête des passagers or il faut être au-dessus de tout cela et ne faire que des constats externes.
Il ne s'est pas trompé : c'est un commentaire tout à fait personnel du narrateur et non une description neutre.
Avec plaisir et Miam : sont encore des interventions du narrateur.
Je te fais ces remarques simplement pour te montrer la difficulté de rester en dehors de toute intervention, de rester neutre. Tu en fais ce que tu veux.
Tu peux te servir de ces anamnèses comme d'incipits pour commencer des textes plus longs, puisqu'ils font référence à des souvenirs plus complets sans doute. A toi de voir.
Je t'embrasse
Brigitte

2 Le Dimanche 29 Avril 2007 à 20:58 GMT+2, par brigitte

Brigitte

Anamnèses


Ils dégringolaient la grande dune à partir de son sommet en se laissant rouler latéralement. A l’arrivée ils avaient du sable dans tous les orifices et interstices de leur corps.

La 4 CV blanche était pleine de la marmaille à l’arrière. Elle emmenait tout le monde pour la promenade dominicale.

Les chambres de l’hôpital étaient remplies des membres des familles des malades avec leurs linges, leurs casseroles, leurs provisions autour des lits et des petites tables de nuit en fer constituant l’unique mobilier. Les toilettes communes et rudimentaires étaient vites salies.

La grand-mère avait toujours un ouvrage de tricot ou de crochet entre les mains, elle racontait à ses petits-enfants des épisodes de sa vie en s’appesantissant sur la guerre, tout en continuant à tricoter ou a crocheter.

Elle aimait s’asseoir, après le déjeuner, sur l’escalier qui conduisait au jardin pour lire un roman en cours et regarder des punaises rouges et noires en train de s’accoupler ou simplement de traverser la partie de l’escalier dans son champ visuel.

Ils commençaient à grimper dans la montagne en marchant dans la forêt de sapins sur un tapis d’aiguilles où leurs pas s’étouffaient en exhalant une odeur qui signait les vacances.

Les assiettes dans lesquelles elle mangeait sa soupe lorsqu’elle était enfant, avait un pourtour hachuré de rayures grenat et blanches et un fond où étaient représentées des fleurs de couleurs vert, bleu et grenat. A quelques variantes prêt, on retrouvait ces assiettes dans toutes les familles ordinaires de cette époque.

La fille de l’instituteur, à peine arrivée dans le village, tomba aussitôt amoureuse de l’un des beaux garçons qui prenait le car avec nous chaque matin pour aller au lycée. Lui, céda illico presto à ces sentiments.

Elle détestait le papier peint de la pièce principale de son premier appartement. Elle n’avait pas les moyens de le changer et savait que son séjour en ces lieux n’allait pas durer. Elle sen accommodait et l’ignorait lorsqu’elle rentrait du travail et écoutait détendue dans un fauteuil, Julos Beaucarne ou le groupe « Anges ».

Son amie Jeanne, beaucoup plus âgée qu’elle, lui a raconté qu’à partir de la fin de la guerre, lorsqu’elle avait envie d’une gourmandise, elle entrait dans une boulangerie et s’achetait du pain frais qui représentait pour elle le plus grand délice qu’il soit, tant elle en avait été privée pendant les années noires.

3 Le Dimanche 29 Avril 2007 à 21:11 GMT+2, par brigitte

Autocritique :
Je m'aperçois que mes deux dernières anamnèses je les relis après 3 ou 4 semaines de recule rn voulant les insérer à leur place dans le blog) font aussi dans le ressenti au lieu de m'en tenir au descriptif pur. Il aurait fallu écrire :
Elle ne changea pas le papier peint criard du séjour du petit appartement où elle venait de s'installer et où en rentrant du travail elle y écoutait Julos Beaucarne et le groupe "Anges".

Dans la période qui suivit la guerre, elle entrait dans la boulangerie pour acheter du pain frais qu'elle dégustait aussitôt en sortant de la boutique.

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