Atelier 6 - Brigitte

 Ils dégringolaient la grande dune à partir de son sommet en se laissant rouler latéralement. A l’arrivée ils avaient du sable dans tous les orifices et interstices de leur corps.

 La 4 CV blanche était pleine de la marmaille à l’arrière. Elle emmenait tout le monde pour la promenade dominicale.

 Les chambres de l’hôpital étaient remplies des membres des familles des malades avec leurs linges, leurs casseroles, leurs provisions autour des lits et des petites tables de nuit en fer constituant l’unique mobilier. Les toilettes communes et rudimentaires étaient vites salies.

 La grand-mère avait toujours un ouvrage de tricot ou de crochet entre les mains, elle racontait à ses petits-enfants des épisodes de sa vie en s’appesantissant sur la guerre, tout en continuant à tricoter ou a crocheter.

 Elle aimait s’asseoir, après le déjeuner, sur l’escalier qui conduisait au jardin pour lire un roman en cours et regarder des punaises rouges et noires en train de s’accoupler ou simplement de traverser la partie de l’escalier dans son champ visuel.

 Ils commençaient à grimper dans la montagne en marchant dans la forêt de sapins sur un tapis d’aiguilles où leurs pas s’étouffaient en exhalant une odeur qui signait les vacances.

 
Les assiettes dans lesquelles elle mangeait sa soupe lorsqu’elle était enfant, avait un pourtour hachuré de rayures grenat et blanches et un fond où étaient représentées des fleurs de couleurs vert, bleu et grenat. A quelques variantes prêt, on retrouvait ces assiettes dans toutes les familles ordinaires de cette époque.

 La fille de l’instituteur, à peine arrivée dans le village, tomba aussitôt amoureuse de l’un des beaux garçons qui prenait le car avec nous chaque matin pour aller au lycée. Lui, céda illico presto à ces sentiments.

 Elle détestait le papier peint de la pièce principale de son premier appartement. Elle n’avait pas les moyens de le changer et savait que son séjour en ces lieux n’allait pas durer. Elle s'en accommodait et l’ignorait lorsqu’elle rentrait du travail et écoutait détendue dans un fauteuil, Julos Beaucarne ou le groupe « Anges ».

 Son amie Jeanne, beaucoup plus âgée qu’elle, lui a raconté qu’à partir de la fin de la guerre, lorsqu’elle avait envie d’une gourmandise, elle entrait dans une boulangerie et s’achetait du pain frais qui représentait pour elle le plus grand délice qu’il soit, tant elle en avait été privée pendant les années noires.

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