Brigitte Texte 4

Atelier 4

Texte 4 (Brigitte)

 

 

- Fred ! Qu’est-ce qu’on va faire quand on aura fini la bouteille ? (Inquiétude pour l’avenir)

- Et ben ! On ira en chercher une autre à la boutique ! (L’inquiétude est promptement jugulée)

- Ouais mais on n’a plus de fric, tu sais bien ! (Resurgissement de l’inquiétude)

- J’t’ai pas dit qu’on allait la payer, j’t’ai dit qu’on allait en chercher une ! (Résolution aisée du problème)

- Tu sais bien Fred que j’peux pas faire ça, c’est cont’ mes principes ! (Apparition de scrupules)

- Oh tes principes j’m’en fous. Pour moi c’qui compte c’est c’qu’y a dans le litre ! (Balayage des scrupules)

- Et ben vas y toi-même ! (Refus d’implication)

- Ah non tu viens aussi ! (Refus du refus)

- J’t’ai dit, j’ai des principes (persistance dans le refus)

- D’accord Jeannot j’y vais tout seul mais pour toi, pas de jus ! (Énonciation d’un chantage)

- Tu sais Fred, t’es un sale égoïste, quand c’est moi qui paie le litre j’partage hein ! Hein ! Dis ! (Tentative de rappel à la raison)

- C’est vrai et alors ? (Échec de la tentative de rappel à la raison)

- Alors là, pac’ que j’ai des principes et que j’veux pas voler tu veux pas partager. Sale juif !

Oh Fred réfléchis à c’que tu vas faire. C’est not’ amitié qu’est en jeu. Et tu sais not’ amitié ! (Mise en garde sur le mode sentimental)

- Et ben quoi not’amitié ? (Interrogation dubitative)

- Et ben, tu peux pas lui faire ça ! Elle peut pas finir à cause d’un litron ? (Tentative de sauvetage)

- Justement, par amitié il faut tout partager, même la tir ! (Argumentation ultime)

- Non Fred j’t’dis qu’ j’peux pas ! Ça fait dix ans que j’galère mais j’ai jamais chouravé, c’est pas aujourd’hui que j’vais commencer ! (Confirmation de l’opinion première)

- Tu sais Jeannot j’t’aime bien mais si tu continue à m’gonfler avec tes principes. Des Jeannots y’en plein le quai. Alors j’en cherche un autre qui peut venir avec moi aux provisions. Pac’que si chaque fois qu’on a plus de carburant tu nous fais c’cinéma, je vais dvoir m’arrêter de boire et tu sais moi aussi j’ai des principes, ça j’peux pas ! (Chantage et argumentation à contre-pied)

- Fred ! (Exclamation joyeuse)

- Quoi encore ! (Réponse sceptique)

- J’ai une idée, on n’a qu’à mette not’casquette sur l’trottoire et dans une heure on aura d’quoi l’achter not’litron ? (Énonciation d’une proposition conciliante)

- Jeannot tu déconnes ! Tu crois que j’vais attendre une heure sans jus ? Mais t’es plombé aujourd’hui mon pote ? (Réfutation catégorique)

- D’accord, Fred j’ai pigé ! Tu vas chouraver ton litre, moi j’attends le fric dans la casquette et on boira chacun pour soi puisqu’c’est ça qu’tu veux ! C’est moche, c’est même très moche ! Mais c’est ça qu’tu veux ! (Constat d’impuissance)

- Jeannot j’t’en prie n’m’laisse pas ! Jeannot ! Jeannot ! (Supplication larmoyante).

Vos commentaires

1 Le Jeudi 8 Fevrier 2007 à 13:28 GMT+2, par Claire

Et toi, Brigitte, fidèle à la consigne, tu as su en tirer le meilleur parti! J'ai beaucoup aimé ton texte, il joue tout à fait sur le contraste entre prosaïque concret et méta-langage littéraire!

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