Textes pour atelier 1 - Sophie
Mon cœur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux et mon corps tout entier semblait plâner au dessus de la terre. Plus rien ne me semblait innaccesible depuis que lui m’était accessible. Plus rien n’était impossible depuis que notre amour était possible. Je sentais un élan me pousser vers l’avant, comme si le vent soufflait dans mes ailes afin de me porter vers un horizon que je ne connaissais pas, mais vers lequel je n’avais plus peur de m’aventurer à présent. Il était ma destination, et j’étais prête à migrer vers les terres chaudes et clémentes de l’amour afin de le rejoindre, et gazouiller ensemble au sein d’un nid douillet que nous nous auront construit, pour la vie.
Ne laisse pas le soin de gouverner ton cœur à la passion. Elle est ce malin démagogue qui promet de t’apporter ce dont tu as besoin mais dont les intentions sont bien autres en réalité. Elle se fera passer pour ton sauveur et t’enchainera plutôt que te libérera. Elle se dira être l’amour et t’aveuglera plutôt que t’éclairera. Elle te fera miroiter le bonheur et t’étiolera plutôt que t’épanouira. Et avant que tu puisses t’en apercevoir, elle va exiler ta raison vers une destination lointaine et inconnue afin que tu ne puisses jamais la retrouver. Cette dernière n’aura d’autre choix que de lancer des bouteilles à la mer en espérant que tu les lise, te priant de l’écouter. Que feras tu alors? Tu pourras au choix rester passif, et te laisser mourir à petit feu par ce monstre avide de ta crédulité, ou prendre ton courage à deux main et braver les tempêtes qu’elle aura déclenché dans ton âme afin de récupérer ta raison. Une fois retrouvée et ramenée à bon port, tu verras à quel point la démocratie de l’amour était chose facile et évidente.
La musique me prends comme une mer m’enleverait à la terre ferme et me ferait dériver au grès des courants phoniques. Lorsqu’elle me fait mettre les voiles, c’est à bord d’un navire sans gouvernail, un simple voilier voire un radeau. Je me laisse totalement porter par ses sons et rythmes mélodieux qui, tour à tour sont relaxants, entrainant, revigorants ou autre. La musique est toujours une nouvelle croisière au cours de laquelle on se sait jamais par où l’on va passer et où l’on va accoster. Mais le voyage en vaut la peine !
Connais tu comme moi, la saveur douloureuse qu’a l’ignorance lorsqu’elle passe par ton palais avant de devenir parole regréttée? Combien de fois t’es tu détésté de l’avoir divulguée et de t’avoir valu la glaciale dégutation d’un silence général, accompagné toutefois de regards des plus parlants ? Comme une géôliere désabusée, ta langue s’en veut de l’avoir laissé s’échapper au lieu de la rattraper inextremis, et la renvoyer vers son cachot loin loin loin… où elle purgera sa peine jusqu’à ce qu’elle devienne connaissance
Par Sophie, Dimanche 17 Decembre 2006 à 21:48 GMT+2 dans Atelier 1 (article, RSS)





